Cotopaxi

Le parc Cotopaxi, encore une merveille de l’Equateur! La beauté est d’autant plus décuplée, ne sachant pas à quoi m’attendre en arrivant! Je prends plaisir à ne pas regarder de photos pour avoir la surprise la plus complète.

Le Cotopaxi est le Volcan le plus connu d’Equateur, peut-être parce que c’est le plus haut volcan actif du pays, 5 897 m. Mais le parc qui l’entoure est tout aussi magique. Mon conseil est de prendre le temps de se balader dans cette merveille naturelle.

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Hacienda Los Mortiños

Comme à mon habitude, je n’ai que très peu de plans. Mon but, rejoindre une hacienda proche du parc, vu sur un blog il y a quelques jours. Mais pas de réservation, et aucune idée des prix, je croise les doigts…

C’est depuis Quito que je rejoins ce parc. Un bus de 1h direction Machachi puis je prends un camiones (un pick-up taxi) négocié 15$ direction l’hacienda Los Mortiños. Ça me parait cher, mais à priori c’est l’unique moyen. Finalement, après 3/4 d’heures de route piste, je pense que le prix est justifié. J’apprendrai plus tard que le prix normal est 25$, une aubaine pour moi que mon chauffeur ne connaissait pas l’endroit!

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Mon driver m’apprend que le nom de l’hacienda, Los Mortiños, est une petite baie comestible. Alors un petit arrêt sur la route pour déguster ce met. Au préalable, je demande s’il est sûre que je ne vais pas mourir en mangeant ce fruit – je ne veux pas finir comme Christopher dans Into the Wild! En fait ce sont des myrtilles!

Au milieu d’une vaste étendue plane, cette hacienda blanche à la décoration montagnarde est magnifique. Même si la nuit est hors budget (30$), je suis quasiment seul dans ce havre de paix. Le dortoir, où les matelas se touchent, offre une vue exceptionnelle grâce à la grande baie vitrée dévoilant un des volcans du parc.

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Le Ruminahui

Je n’arrivais pas à quitter Quito, la ville des « au revoir »… Alors quand je me suis enfin décidé à partir et descendre quelques km au sud… wahou, je n’ai pas regretté une seule seconde de m’être bougé ! J’ai pris conscience de la beauté du pays, et c’est à partir de ce moment là que j’ai su que j’allais y passer du temps.

Depuis la terrasse et sa vue à 180°, on peut voir les volcans tout autour. Mais le Cotopaxi reste introuvable. Au rez-de-chaussée, je déguste un thé délicieux offert par la maison, en observant les lapins s’agiter dans le jardin.

Un autre petit tour sur la terrasse et là c’est ouf! Devant moi les nuages se sont dissipés et laissent apparaître un énorme volcan, à l’embase démesurée. Je sais que c’est le Cotopaxi ! La montagne est d’autant plus imposante que tout est plat autour et paraît sortir de nulle part.

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Le Cotopaxi

Demain je grimpe !

Une longue marche s’annonce… C’est le gérant de l’hacienda qui m’écrit les étapes sur un bout de papier! Au total, 30 km pour monter au refuge – à 4800 m – et y redescendre. C’est chaud mais c’est un beau challenge!

Petit plaisir du soir, je renonce à cuisiner mon riz, pour déguster la soupe de quinoa de la maison. Un régal ! Puis je rencontre Natacha et sa fille, en voyage pour quelques semaines en Equateur. Elles ont une voiture et me proposent de m’emmener au parking du refuge… Ça semble cool, mais je voulais marcher histoire de bien mériter cette merveille. Dilemme! La nuit porte conseil…

Direction le refuge

Le lendemain, je décide d’embarquer avec elles. Ici le Cotopaxi à tendance à endosser son chapeau de nuages en fin de matinée. Alors c’est plus raisonnable d’y aller le plus tôt possible.

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C’est super, on fait des pauses photos devant cet énorme bloc! Tout est plat autour, je ne sais pas si c’est ce qui accentue sa taille ou s’il est juste énorme! Le sol est une sorte de mousse sèche qui craque sous nos pieds en s’affaissant de quelques centimètres à chaque pas.

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Poursuivons cette route incroyable vers le Cotopaxi. On aimerait s’arrêter à chaque virage pour prendre des photos et observer les chevaux sauvages qui semblent tellement heureux dans ces plaines :). Au fur et à mesure de notre ascension, les couleurs changent du vert, au marron, gris, rouge et blanc.

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Nous étions seuls sur le chemin (les bénéfices du « partir tôt ») pendant cette heure de route vers le parking du refuge. Bien plus facile que de marcher, et surtout, le chemin des randonneurs est le même que la route empruntée : je ne regrette pas mon choix !

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Refuge José Ribas – 4800m

Le refuge est là, à une demi-heure/1 heure de marche. Avant de nous y rendre, profitons du panorama que nous offre ce point de vue sur les volcans et les plaines. On devine même au loin notre hacienda. Les paysages sont à couper le souffle.

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Bien que le refuge soit sur notre droite, nous commençons notre marche sur la gauche, pour se rapprocher d’un sérac qui semble bien proche. L’altitude se fait sentir, mais ce n’est pas plus mal, puisque chaque pause est mise à profit pour admirer ce qui nous entoure.

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Le sérac visé!
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J’aime les panoramas !
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J’ai même pu observer le vol du … je ne sais pas, le vol d’un bel oiseau!
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Au passage, merci pour les photos les filles, parce que mes « auto photo » ne sont pas géniales!

Normalement, depuis le refuge, il suffit d’une vingtaine de minutes pour toucher la neige. Mais vu que nous avons eu la bonne idée de nous rendre au glacier le plus proche – apparemment – pas sûr que nous la touchions ! Moralité, on avance lentement vers un sérac magnifique, mais pas vraiment accessible! Le sol pentu est fait de petits bouts de roches volcaniques rouges, très glissantes! Bref, je n’aurais pas touché la neige, mais la vue est splendide.

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Mes deux camarades de marche retournent vers le refuge boire un chocolat chaud, pendant que je continue mon exploration. Mais le temps se gâte, les nuages arrivent à vive allure. J’aurais bien voulu m’approcher encore un peu de ces monstres gelés, mais on m’a dit d’être prudent, alors je vais à mon tour au refuge rejoindre mon équipe.

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Allez on redescend à toute allure dans le sable volcanique. A chacun de mes pas glissés dans ce nouveau terrain de jeu, semblent se créer une micro avalanche me suivant comme mon ombre. Les gens me regardent passer en souriant, puis, s’essayent à ce nouveau sport! La descente est d’une rapidité extrême. Je suis à deux doigts de remonter juste pour le kiff de la descente!

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C’est ici que nos chemins se séparent. A un croisement en bas du volcan, Natacha me dépose. Elles vont en direction de l’entrée Sud, moi de l’entrée Nord.

Ce n’est pas fini!

Quelques routes sont tracées, notamment celle menant à mon logement. Mais impossible de rentrer maintenant! L’aperçu depuis là haut m’a donné une envie folle de gambader dans cet univers!

Je m’éloigne de ces chemins balisés afin de trouver le coin parfait pour la pause repas. Bien loin des routes à présent, je m’installe confortablement comme je peux au milieu des crottes séchées de lama pour déguster mon sandwich. Wahou, c’est géant, cette vue sur le volcan, le soleil, la nature, la liberté, la vie quoi!

Une petite sieste au soleil pour me reposer de cette marche en altitude et calmer mon mal de tête « des montagnes ». Puis, je m’invente des chemins au travers du parc. Aucune habitation tout autour, on se sent vraiment privilégié dans cette nature dénuée de superflu.

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Après quelques heures de marches, je constate que mes chaussures sont toujours sèches, ça fait plaisir ! Et oui, contrairement aux autres parcs du pays, ici le sol n’est pas une éponge!

Le parc est vaste. J’hésite entre les différentes directions. Mais peu importe tout est beau. J’arrive face à un cour d’eau que des taureaux s’empressent de traverser pour me laisser la place. Dois-je retrousser les « manches » – de mon pantalon – pour faire comme eux, ne voyant pas d’autres issues? Mais finalement il y a toujours un moyen. Un peu plus loin je traverse un petit pont, parfait!

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Les chevaux sauvages me fuient. De les voir courir dans ces grandes plaines, je suis tout de suite transporté dans les steppes de Mongolie! Du moins de ce que je m’imagine, en réalité je n’y suis jamais allé!

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Coincé entre deux roches, j’aperçois une masse verte, brillante, 10 cm… un avocat ! Qu’est ce qu’il fou là lui ? Intrigué, j’essaye de l’extirper avec mon bâton, mais je suis quand même sceptique de trouver ce fruit ici… Ça bouge ! Oups! C’était une grenouille :s

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La fameuse grenouille

J’aurais marché 5 h dans ce parc, avec je ne vous le cache pas une fatigue très présente. Le retour fut un peu difficile. Voulant rejoindre une cascade vue sur mon plan MAPS.ME.,  mais inexistante dans la « vraie vie » j’ai dû faire quelques détours. Alors oui, marcher dans ce parc c’est génial, sauf quand je me retrouve au bord d’une falaise et que je dois repartir plusieurs km en arrière pour descendre dans la plaine.

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C’est éreinté et « ampoulé » que je rentre à l’hacienda, avec la hâte de retrouver la douche chaude.

Un peu de riz – préparé avec l’aide des cuisiniers : et oui, en Equateur la préparation du riz est un art que je ne maîtrise pas – pour reprendre des forces et au lit !

La Laguna de Limpiopungo

Le lendemain, la rareté d’un ciel bleu sans nuages, me pousse à rester! Alors je compte mes derniers dollars… juste assez pour une nuit de plus! Je me prépare un sandwich aux olives vertes.. et oui j’avais ça dans le sac, des olives 🙂 Puis en route vers la lagune Limpiopungo, à 8 km de là.

Il faut savoir que l’entrée du parc n’est pas une science exacte ! Le garde à l’entrée filtre les voyageurs. Les critères de sélection sont assez aléatoires… Hier matin, un couple de français se voyaient refuser l’entrée du parc, n’étant pas véhiculés et sans guide. Nous les avons embarqués dans la voiture pour qu’ils puissent entrer. Ce matin, deux voyageurs véhiculés n’ont pas pu entrer, et on dû demander une dérogation à l’hacienda… Peut-être une combine des gardes pour faire marcher le business de leurs amis les guides.

Bref, me voilà parti pour déjouer ce filtrage aléatoire ! J’ai quand même repéré des entrées dérobées au cas où 😉 Je n’y manque pas, le garde me refuse l’entrée pour cause de taureaux dangereux, volcan actif, et risque de se perdre ! Mais après négociation le garde est rassuré et j’obtiens mon laissez-passer! Seule remarque du garde : « Tu prends tes responsabilités ! ». Bon d’accord !

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Un cimetière de lama ? C’est chaud ce parc!!!

J’arpente les chemins du parc, coupant au travers de nombreux vallons pour raccourcir au maximum l’itinéraire. Mais aussi pour sortir des sentiers battus. Ça paye, puisque j’observe pendant un long moment ces genres de biches – à la queue plate et blanche sur le dessous – qui me regardent fixement avant de prendre leurs pattes à leurs cous, pour fuir cette menace que je représente!

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Lorsque j’arrive à la Laguna, je croise une bande de voyageurs, prenant leur petit déjeuner au bord d’une étendue d’eau. Ils bivouaquent dans le parc un peu plus loin. Ils m’indiquent où prendre la photo de la réflexion totale du Cotopaxi dans la lagune.

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La pause repas se fait ici, seul au monde – sans compter les oiseaux attirés par mes miettes! Le sol est vaseux autour de la lagune, alors évitons de trop s’en approcher – pour une fois que j’ai les pieds au sec !

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Qu’est ce que ce bruit fracassant ?! Au loin, un troupeau de chevaux descend à toute pompe, laissant derrière eux un nuage de poussière. Le sol semble trembler sous leurs sabots en furies.

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Sur le retour je croise Fabien et son fils, rencontré la nuit d’avant à l’auberge. Ils sont en voiture et me permettent d’économiser les derniers km.

Ma dernière nuit à Los Mortiños

De retour à l’hacienda, je remarque que nous avons de la compagnie. Par la fenêtre de la chambre, j’observe une dizaine de lamas venus dévorer les myrtilles du jardin. Je m’empresse de sortir pour passer un peu de temps avec ces bêtes. Difficile de les caresser, elles sont craintives. Mais quel bonheur d’observer ces animaux qui obéissent à leur chef de troupe. Lorsque le mâle dominant arrive, tous les lamas l’encerclent et semblent attendre ses ordres.

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Toutes ces petites choses font de cet endroit un lieu exceptionnel. La gentillesse du personnel en fait partie : des conseils précieux, des attentions particulières, un plat de pâtes carbo offert, et même des cours de cuisine ! J’écoute le chef me livrer les secrets de la soupe de Quinoa! La recette en poche, je vais me coucher dans mes draps en polaire.

Levé de soleil

Il est à peu près 5h lorsque je me lève, déterminé à profiter de mes dernières heures dans ce parc. Il fait un froid glacial dehors, alors je porte tout ce que j’ai de plus chaud, et m’en vais guetter le soleil sur la terrasse. Je ne suis pas sûr de la direction, mais j’espère le voir se lever sur le Cotopaxi! Petit à petit, il fait son apparition… non pas derrière le volcan, mais sur la gauche! Moment de détente garanti devant ce spectacle, bercé par le chant des oiseaux.

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Je ne suis pas le seul à être matinal puisque un renard est là, lui aussi, pour admirer les premiers rayons de soleil sur le volcan. Ou alors, il est juste là pour titiller ce groupe de lamas, qui ne semble pas apprécier sa présence, et chasse cette pauvre bête.

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Là encore, le personnel ne déroge pas à la règle de la sympathie, et m’emmène à quelques kilomètres de l’hacienda. Je prendrai l’unique bus journalier pour 1 petit dollar, direction la ville la plus proche, Machachi.

C’en est fini pour ce séjour, mais les souvenirs resteront!

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J’espère que ce reportage photo vous a plu! À bientôt pour un prochain article 🙂

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